Les nouvelles de Brisbane
Les nouvelles de Brisbane - 7
Ajouté le:6 mars 2012
Du progrès aux archives des îles Tonga
Depuis la conception du projet visionnaire de la reine Salote Tupou III en 1954, qui eut pour résultat l’établissement du Comité pour les traditions des îles Tonga en 1957, les archives, les bibliothèques et les musées se sont peu à peu inscrits au cœur de la société tongienne.
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Dans les années 50-60, les Tongiens n’avaient aucune idée de ce qu’étaient les archives, et il fallait traverser la mer pour voir un bâtiment d’archives, une bibliothèque ou un musée. Seuls les Tongiens ayant étudié dans les collèges, les instituts ou les universités étrangères et ayant utilisé ces services comprenaient leur portée et leur intérêt. Dans les années 60-70, les Tongiens commencèrent à percevoir l’importance et l’utilité des archives avec le retour des étudiants dans leur pays d’origine. A partir des années 70-80, la majorité des Tongiens ne comprenaient toujours pas l’intérêt des archives, ni la façon d’y accéder et encore moins la façon de les gérer.
En intégrant le service du Comité des traditions des îles Tonga en 1979, j’avais le sentiment d’avoir beaucoup de chance de décrocher ce travail que je pensais facile et peu contraignant.
Le Dr ‘Epeli Hau’ofa, Secrétaire du Comité à l’époque et Secrétaire privé adjoint de Sa Majesté Tupou IV, passait davantage de temps dans le bureau du Palais que dans le bureau du Comité, ce qui me laissait libre de faire ce que je voulais. J’étais, bien sûr, mon propre chef.
Sans aucune expérience des archives, des bibliothèques ou des musées et personne pour me diriger, je pensais avec horreur que ma première mission dans ce bureau consistait à balayer les lieux, nettoyer les boîtes remplies de papier et mettre toutes les feuilles volantes et déchirées à la poubelle pour y être brulées. Mais en balayant, je ramassais quelques feuilles de papier que je me mis à lire et à trouver très intéressantes. Cela changea mon point de vue sur le balayage et au lieu de réduire les documents en cendre, je décidais de tout mettre dans des dossiers. Plus tard, je les classais par date et par sujet, par livres ou par document, publications généalogiques ou périodique…et le reste s’est intégré tout naturellement.
Dans les années 80-90, deux nouvelles recrues vinrent renforcer l’équipe et le Seigneur Vaea prit le poste de Secrétaire du Comité des traditions des îles Tonga en 1995. À partir de ce moment-là, il y eut un grand changement dans la gestion du bureau du Comité : la communication avec des organisations étrangères fut établie, et les relations publiques locales furent développées afin de faire comprendre l’importance et l’utilité des archives, des bibliothèques et des musées.
En 1997, il se produisit un développement significatif au Comité des traditions des îles Tonga : la construction d’un bâtiment dédié à l’archivage. Désormais, au lieu des « Documents du bureau du Palais », nous avons les « Archives du Comité des traditions des îles Tonga ». Le bâtiment possède trois pièces, la première dédiée aux photographies, la seconde aux archives et à la bibliothèque, et la troisième constitue le bureau. Il y a toujours un problème lorsque quelqu’un acquiert un nouveau bâtiment : le besoin de fourniture et d’équipement, le déménagement…
Les Tongiens restant des Tongiens – c’est-à-dire ne sachant pas travailler avec des archives- ils se contentent de remplir les boîtes à un endroit puis de les déplacer à un autre sans se préoccuper du reste. C’est exactement ce qui est arrivé à nos archives.
En 1982, le Comité des traditions des îles Tonga a obtenu le budget suffisant pour participer au séminaire de PARBICA à Suva, capitale des îles Fidji, puis à celui organisé en 1985 à Mosman, Sydney. Quand le Seigneur Vaea est devenu Secrétaire en 1995, la charge de travail s’est accrue et l’équipe s’est réduite, aussi a-t-il fallu programmer le calendrier du Seigneur Vaea afin qu’il puisse assister aux nombreuses réunions, séminaires et ateliers de travail des organisations comme PARBICA, PIMA ou le Festival des arts du Pacifique pour n’en nommer que certaines. Il représentait également la famille Royale à l’étranger et remplissait des fonctions locales qui réclamaient sa présence dans les îles Tonga.
En 2009, avant le départ du Seigneur Vaea vers ses nouvelles fonctions de Ministre de l’Agriculture, de la pêche, de la nourriture et des forêts, un nouveau déménagement des Archives du Comité des traditions des îles Tonga a été planifié. Les nouveaux locaux des archives seront désormais dans le Palais Royal qui est particulièrement grand. Ainsi, nous devrions avoir un étage complet pour nous. Nous attendons les rayonnages et les meubles, et la date du déménagement n’est pas encore arrêtée. L’espace de travail va s’agrandir, la charge de travail va s’alourdir, seule l’équipe ne va pas changer ; mais souvenons-nous des mots de la reine Salote dans son discours lors de la 20ème célébration de son couronnement: « …Bien que je n’ai pas eu de don particulier pour remplir cette charge et que je n’ai pas accompli beaucoup de choses, j’ai toujours cherché à me mettre au service de mon peuple, ce qui constitue mon premier devoir. » (cf « TGG No. 22, du 7/11/1938, page 160).
En 2007, le Comité des traditions des îles Tonga a eu la chance de recruter dans son équipe Toshi Goto, un volontaire de chez JICA, et Emily Edwards, une volontaire de chez VIDA, puis, en 2009, Melissa Neidorf, une autre volontaire de chez VIDA. Grâce à leur aide, nous pouvons nous répartir les différentes missions à remplir et, à ma connaissance, les Archives du Comité des traditions des îles Tonga se portent bien.
Ami Latu.
