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Un collègue

Juin 2010 : Tukul Walla Sepania Kaiku

Dans la région du Pacifique, Tukul Walla Sepania Kaiku est originaire de l'île de Nouvel-Hanovre, dans la province de Nouvelle-Irlande en un pays appelé Papouasie-Nouvelle Guinée. Elle a un diplôme d'enseignement secondaire, est bachelière de l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée et a un graduat en gestion de l'information (administration des archives) de l'université de Nouvelles-Galles du Sud en Australie.

La carrière de Tukul Kaiku comme archiviste a commencé en novembre 1982 après avoir achevé ses études de bachelière à l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée. La Papua New Guinea National Library, dont les Archives nationales et les services publics de documentation dépendent, recrutait des stagiaires diplômés et c'est ainsi que Tukul s'est engagée et a choisi de travailler aux Archives nationales. De 1996 à 2001, elle a travaillé au département des archives publiques provinciales et locales et de 2002 à 2004, elle a travaillé dans l'unité de gestion des réformes du secteur public, dépendant du département du premier ministre. Enfin, en 2005, elle a déménagé à l'école des humanités et sciences sociales de l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée pour y enseigner la gestion des documents et des archives dans la filière des sciences de l'information et de la communication.

Comme stagiaire diplômée aux Archives nationales de 1982 à 1985, Tukul a travaillé tout d'abord dans la section des services d'archives qui s'occupe des services de référence avec les enquêtes personnelles écrites ; au cours de cette période, elle s'est plongée dans les archives relatives au gouvernement anglais de la Papouasie-Nouvelle Guinée entre 1884 et 1906, et plus tard avec la gestion australienne de l'ancien protectorat britannique.

A l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée, en plus de son enseignement sur la gestion des documents et des archives, elle donne d'autres cours tels que Sources de l'information, Maîtrise de l'information, Marketing de l'information et des services de bibliothèque, Portée et extension des services d'information, de même que Pratique du travail de terrain. Toujours à l'université de Papousie-Nouvelle Guinée, elle a participé à des programmes de proximité comprenant un travail avec le staff des archives d'étudiants.

En tant qu'enseignante dans le domaine des documents et des archives, elle a assisté à Tokyo en 2006 à la Conférence sur la formation et l'éducation en Asie et dans le Pacifique.

En 2008, elle a développé un module de formation pour le programme de développement pour les effectifs du secteur public et très récemment, en 2009, elle a développé un manuel de formateur/enseignant pour la formation des fonctionnaires du gouvernement de Papouasie-Nouvelle Guinée à l'usage de la boîte à outils « un bon archivage pour une bonne gouvernance » de PARBICA. En 2009 également, elle a achevé un Guide des études et des ressources et une brochure pour le cours d'approche de l'information donné au premier semestre dans les collèges de l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée.

Tukul Kaiku est un membre très apprécié et extrêmement actif de la Branche régionale Pacifique du Conseil International des Archives, elle participe aux conférences bisannuelles de PARBICA et elle a joué un rôle crucial dans la formation d'éléments pour la boîte à outils « un bon archivage pour une bonne gouvernance » de PARBICA, en tant que membre du groupe régional de référence pour cette trousse à outils.

Tukul Kaiku a participé également à des activités en rapport avec les systèmes indigènes de connaissance dans son île natale. Par exemple, elle a participé ainsi en juillet 2009 au 14e Congrès de l'association internationale d'anthropologie et d'ethnographie à Kunming, en Chine, où elle a présenté une communication sur quatre exemples de pratiques du savoir indigène de son peuple.

Dans un pays où gérer les archives et les documents est tout sauf facile, l'énergie de Tukul Kaiku, ses directives, son engagement, son enthousiasme, son intégrité et son professionnalisme sont une constante source d'inspiration pour ses amis et collègues de la famille PARBICA.

 

Tukul, quel est votre parcours ?

Je viens de l'île de Nouvel-Hanovre dans la province de Nouvelle-Irlande dans un pays qu'on appelle la Papouasie-Nouvelle Guinée, dans la région sud-occidentale du Pacifique. J'ai grandi en écoutant les mythes et légendes que mes grands-parents et mes parents me racontaient et ce qu'on disait des sites et points sacrés dans l'environnement de mon île. J'ai un diplôme d'enseignement secondaire et un diplôme de bachelière ès Arts de l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée. Mes centres d'intérêt à l'université étaient l'histoire, la sociologie et l'anthropologie. J'ai également un diplôme en gestion de l'information (administration des archives) de l'université de Nouvelles-Galles du Sud en Australie.

Je suis devenue archiviste en novembre 1982 à la fin de mes études universitaires. La Bibliothèque nationale de Papouasie-Nouvelle Guinée, dont dépendent les Archives nationales et les services publics de documentation, recrutait des stagiaires diplômés et c'est ainsi que je me suis engagée et ai choisi de travailler aux Archives nationales.

En tant que stagiaire diplômée aux Archives nationales, de 1982 à 1985 j'ai travaillé tout d'abord dans les services de référence qui s'occupent des enquêtes personnelles écrites ; au cours de cette période, je me suis fort accoutumée avec les archives relatives au gouvernement anglais de la Papouasie-Nouvelle Guinée entre 1884 et 1906, et plus tard avec la gestion australienne de l'ancien protectorat britannique. Parmi les archives du gouvernement britannique et australien se trouvait un  document  connu sous l'appellation  de « Rapport de patrouille », qui m'intriguait beaucoup. Il s'agissait d'un rapport établi par les fonctionnaires de terrain de l'administration de district qui, au cours de leurs patrouilles administratives, prenaient note des endroits et des personnes qu'ils visitaient. De 1884 à 1973, ces fonctionnaires du gouvernement parcouraient le pays pour l'ouvrir et établir un contrôle gouvernemental. Une collection de ces rapports a été identifiée et utilisée pour exposition au cours des semaines d'archives en 1983 et j'ai utilisé plus tard les mêmes rapports de patrouille dans une série d'articles de quotidiens parus en 1990 sur le thème « Gouvernement et ouverture du pays ».

Comment êtes-vous devenue enseignante dans le domaine des documents et des archives ?

Il y avait un poste vacant d'enseignant pour la gestion des documents et des archives dans la filière des sciences de l'information  et de la communication de l'École des humanités et des sciences sociales de l'Université de Papouasie-Nouvelle Guinée. Le poste était déclaré ouvert et j'ai été invitée à poser ma candidature et j'ai obtenu le poste à cause de mes qualifications comme professeur et de mes années de travail aux Archives nationales et Services publics de documentation en Papouasie-Nouvelle Guinée et aussi en raison de mon diplôme en études de bibliothéconomie et de sciences de l'information de l'Université de Nouvelles-Galles du Sud.

Il y a quatre membres du personnel en sciences de l'information et de la communication. Nous donnons des cours de gestion de l'information dans le domaine  de l'information, de la maîtrise de l'information, de la bibliothéconomie, de la technologie des documents, des archives et de l'information. En ce qui me concerne, je m'occupe de l'enseignement relatif aux documents et aux archives.

Parlez-nous de ce que vous avez réalisé récemment et de vos projets.

J'ai été un membre actif de la Branche Pacifique du Conseil International des Archives depuis 2005. J'ai participé aux Conférences bisannuelles de PARBICA. Depuis 2006, j'ai joué un rôle crucial en formulant des idées pour la boîte à outils « un bon archivage pour une bonne gouvernance » en tant que membre du groupe de référence régional pour le projet. En 2008, j'ai développé un module de formation pour le programme de développement pour les effectifs du secteur public et très récemment, en 2009, j'ai achevé un manuel de formateur/enseignant consistant en leçons pour la formation des fonctionnaires du gouvernement de Papouasie-Nouvelle Guinée à l'usage de la boîte à outils « un bon archivage pour une bonne gouvernance » de PARBICA.

En 2009 également, j'ai achevé un Guide des études et des ressources et une brochure pour le cours d'approche de l'information donné au premier semestre dans les collèges de l'université de Papouasie-Nouvelle Guinée.

Vous êtes très active à un niveau international. Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Travailler à un niveau de ce genre me rend capable d'apprécier les différences considérables entre des institutions d'archives développées et d'autres moins développées. Dans la région du Pacifique en particulier, nous, les États nationaux du Pacifique, pouvons nous considérer à des kilomètres de distance en termes d'infrastructure documentaire et archivistique, de personnel, de formation et de développement professionnels. Travailler avec nos collègues d'Australie et de Nouvelle Zélande qui nous ont été d'une assistance énorme et magistrale, nous a donné l'occasion de travailler à notre rythme dans notre propre contexte afin de nous faire progresser. Et, de cette façon, cette expérience en particulier dans le domaine de la formation est telle que, en tant que formateur et qu'enseignant, on est en mesure d'apporter des ajustements et d'adapter les besoins de la formation à des situations individuelles et d'éviter ainsi la notion de « un côté se suffit ». Dans la région Pacifique par exemple, la plupart des conservateurs et des archivistes n'ont pas les qualifications nécessaires pour être sélectionnés à un niveau universitaire ni pour être à la hauteur de collègues travaillant dans le domaine de la numérisation, de telle sorte qu'une formation interne sur des matières adaptées à cette formation doit nécessairement rencontrer une audience de ce genre.

Quel est le futur que vous pouvez imaginer pour les archives de votre pays ?

Je crois que la gestion des documents et des archives doit être partie intégrante du gouvernement et de l'administration de mon pays, avec des systèmes documentaires et archivistiques intégrés aux systèmes et processus de gouvernement. Je considère qu'une politique nationale de gestion des documents et que les politiques dans les ministères pour la gestion des documents depuis leur création jusqu'à leur conservation doivent être mises en place en tenant compte d'autres documents vitaux pour la gestion et le contrôle de documents et qu'elles doivent aider les fonctionnaires à mener efficacement et effectivement leur travail dans la manipulation des documents.

Je considère que les ministères doivent systématiquement gérer leurs documents et que les vingt provinces doivent avoir leurs propres centres d'archives et de documentation où les documents des provinces, des districts et des gouvernements locaux seront gérés professionnellement par un staff formé à cet effet. Actuellement, les vingt provinces n'ont pas de possibilités d'entreposage et de conservation de leurs documents semi-actifs ou non-actifs. Et je considère qu'une formation est nécessaire pour la gestion des documents et des archives dans les ministères et à l'école du gouvernement.

De votre point de vue, qu'est-ce qu'une bonne professionnelle dans la région du Pacifique ? Y a-t-il une différence avec d'autres parties du monde ?

Une bonne professionnelle dans la région Pacifique ? Dans le domaine de l'administration des documents et des archives, une bonne professionnelle devrait être quelqu'un qui respecte ses collègues et, par-dessus tout, qui respecte les documents et les archives et qui en pend soin, puisqu'elle fait partie des gardiens de trésors de ce genre qui sont le patrimoine et l'identité de son peuple. Il est vrai que nous devrions être préparés et que nous devrions avoir une perspective professionnelle à la fois dans la façon de se présenter et dans les apparences, et que nous devrions avoir une attitude à la fois d'assistance, chercher à être agréable et chaleureux vis-à-vis des collègues, des utilisateurs et des autres. Les archivistes doivent connaître leur métier et être préparés à protéger les documents et par-dessus tout ils devraient faire preuve d'intégrité et de professionnalisme, pour être constamment une source d'inspiration  pour leurs amis et collègues.

Il est bien connu que les archivistes, où que ce soit, sont des individus fort différents. Certains d'entre eux sont vifs et extravertis tandis que d'autres sont introvertis ou bien qu'ils soient fort estimés ou bien encore soient des personnes d'une grande intégrité, etc. L'expérience a montré qu'il y a une famille d'archivistes apparentés partout dans le monde. Il y a des diversités dans la formation  et l'éducation et dans le background culturel et dans les attitudes, mais quand il s'agit d'un archiviste, il y aura toujours une famille spirituelle cachée derrière la personne. Quelqu'un qui porte de l'intérêt à l'histoire et à l'identité et qui se passionne pour un patrimoine historique et culturel de ce genre.

Quelles sont vos souvenirs les plus anciens de votre travail avec la famille ICA et PARBICA ?

Je me souviens en particulier de l'année 1991. C'était la première fois que je sortais de mon pays pour aller suivre des études supérieures en gestion de l'information (administration des archives) à l'université de Nouvelles-Galles du Sud en Australie. Je me souviens que des maîtres tels que Nancy Lutton, alors chef des Services d'archives nationales et des services publics de documentation de Papouasie-Nouvelle Guinée, et Peter Orlovich, de l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information à l'université de Nouvelles-Galles du Sud, se sont assurés que je posais bien ma candidature à une bourse AusAID. Lorsque j'étais à l'université de Nouvelles-Galles du Sud, le Dr. Orlovich a déniché une subvention pour moi auprès de la Commonwealth Foundation pour que je puisse assister à ma première conférence bisannuelle de PARBICA qui se tenait de façon conjointe dans la Samoa occidentale et américaine.

Je me souviens que Nancy Lutton m'a poussée à être rédacteur de la revue de PARBICA en 1992-1994, ce que j'ai fait à ce moment et à ce titre je me suis rendue à Hawaii lorsque le Bureau de PARBICA s'est réuni, le président de PARBICA étant de ce pays. Je me souviens aussi de PARBICA en 1994 à Guam, au moment où PARBICA se débattait encore avec la nécessité de développer une boîte à outils de gestion  des documents, pour application par les records managers et les archivistes du Pacifique. Un document a été lancé à ce moment mais n'a abouti à rien par la suite.

Avoir rejoint la hiérarchie archivistique m'a donné une fois de plus en 2005 l'occasion de revenir à la famille de PARBICA en commençant par ma participation à la conférence bisannuelle de PARBICA à Nadi, aux Fidji en 2005. Lors de cette réunion, une des résolutions fut celle du développement d'une boîte à outils PARBICA d'archivage pour une bonne gouvernance. Il faut le dire, les conservateurs et archivistes du Pacifique peuvent remercier leurs collègues d'Australie et de Nouvelle-Zélande. Ils ont été des guides et des collègues inestimables. L'aide apportée au développement de cette boîte à outils par les collègues et le personnel des Archives nationales d'Australie et les subsides de l'AusAID, tout autant que par les collègues et le personnel des Archives de Nouvelle Zélande et les subsides de la NZAID, ont été tout bénéfice pour les archivistes du Pacifique.

L'ICA et PARBICA m'ont fourni les fonds nécessaires pour ma participation à la 2e Conférence Asie et Pacifique pour les enseignants en archivistique au Japon en 2006, où j'ai présenté quelques exemples de la formation en archives en Papouasie-Nouvelle Guinée et dans le Pacifique. L'année 2007 a vu le lancement des premiers modules de la boîte à outils PARBICA lors de la conférence bisannuelle de PARBICA à Nouméa et en 2008, j'ai eu le privilège de figurer dans le gros contingent des archivistes du PACIFIQUE qui se sont rendus au 14e Congrès International des Archives à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Dans un  pays comme la Papouasie-Nouvelle Guinée, il n'y a pas beaucoup de ressources en matière de bibliographie archivistique ou documentaire, aussi les bénéfices d'un travail en collaboration avec l'ICA et PARBICA sont énormes. Et quand on est un des rares enseignants en matière archivistique et documentaire, avec peu d'occasions de discuter sur les matières et les problèmes professionnels, les publications comme celles de l'International Records Management Trust, celles du Conseil International des Archives et la boîte à outils PARBICA constituent des ressources inestimables. Et les conférences bisannuelles de PARBICA ou les conférences de l'ICA sont des moyens de se rencontrer, d'échanger ou de se former des idées et des convictions sur le plan professionnel.