L'ICA hier et aujourd'hui

Les débuts

Le Conseil international des Archives a été fondé en 1948, longtemps après que l'idée de créer un tel organisme ait été lancée ; on en doit en effet la première tentative à l'Institut international de coopération intellectuelle, peu après la Première Guerre Mondiale. Plusieurs facteurs ont contribué à son établissement. Le premier fut le choix de Paris comme siège de l'UNESCO, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, qui voulait encourager les organisations non-gouvernementales (ONG) dans ses domaines de compétence dès l'après-guerre. En 1946, un Conseil international des musées (ICOM) fut fondé grâce à l'influence d'un conservateur des États-Unis, Chauncey J. Hamlin. Après la constitution d'un groupe d'experts et la tenue d'une première assemblée générale à Mexico, une conférence générale se réunit à Paris du 29 juin au 3 juillet 1948 et Georges-Henri Rivière fut choisi comme premier directeur de l'ICOM. La création du Conseil international des Archives a suivi un cheminement semblable ; après la transmission d'une proposition à l'échelon international à l'automne de 1947 et grâce à l'influence et à la ténacité du Dr. Buck, l'Archiviste des États-Unis, un groupe d'experts se réunit à Paris et convint de fonder le Conseil le 9 juin 1948, sous la présidence du Directeur général des Archives de France, Charles Samaran. Charles Braibant lui succèda en 1950 et la première Assemblée du Conseil se tint, au terme d'une rencontre du groupe d'experts à Paris, au siège de l'UNESCO, les 21 et 22 août 1950.

L'ICA aujourd'hui

À partir d'un noyau constitué de directeurs d'institutions nationales, le Conseil international des Archives s'est transformé en une organisation plus complexe réunissant des associations professionnelles et des archivistes intéressés à la recherche, au développement et à la mise en commun de toutes leurs expertises en archivistique. Aujourd'hui, l'ICA constitue l'organisation professionnelle mondiale de la communauté archivistique, dont les objectifs sont de promouvoir la préservation, le développement et l'utilisation du patrimoine archivistique mondial. Il réunit les institutions nationales d'archives, les associations professionnelles d'archivistes, les Archives régionales et locales et les Archives d'autres organismes publics et privés. Il accueille aussi des archivistes à titre individuel.

Les activités de l'ICA complètent celles des associations et des institutions nationales et demeurent une source et un soutien uniques d'expertise professionnelle dans les régions encore dépourvues d'associations nationales. Par le réseau de ses branches, l'ICA fournit des moyens d'échanger et de lancer des initiatives communes à l'échelon régional, plus directement liés aux besoins propres à chaque environnement. Les sections de l'ICA, créées dans divers domaines professionnels, ont un autre objectif : elles encouragent la recherche et les échanges d'information dans des champs plus spécialisés et réunissent ainsi les dirigeants d'associations professionnelles, les formateurs, les archivistes des organisations internationales, des municipalités, des entreprises et des syndicats, des Églises, des universités, des parlements et des partis politiques, ainsi que des archivistes de l'architecture. Des spécialistes sont en train de former d'autres sections pour les normes et pratiques exemplaires, les archives littéraires et artistiques, les archives notariales, les archives du sport, les archives militaires et la sigillographie. L'ICA met aussi en place des comités ad-hoc et des groupes de travail à différents niveaux pour travailler sur des projets et activités particuliers qui entrent dans le cadre des quatre domaines stratégiques prioritaires: défense et promotion des archives; archives électroniques et informatisation; préservation et protection contre les désastres; et formation professionnelle initiale et continue.

À titre de principal organisme non gouvernemental des archives et archivistes, l'ICA continue aussi de travailler en concertation avec l'UNESCO et les ONG qui poursuivent dans des domaines voisins la réalisation d'objectifs communs. La collaboration étroite avec l'UNESCO est illustrée par la publication des études RAMP (Records and Archives Management Programme). Elle se poursuit aujourd'hui par une coopération et des contributions financières ponctuelles favorisant divers projets de l'ICA.