Dans le cadre de la célébration de la Semaine internationale des archives 2026 (8–12 juin 2026), le Conseil international des archives (ICA) a lancé en avril un appel à propositions mondial, invitant les membres de l’ICA à partager des études de cas alignées sur le thème de cette année, #ArchivesPourLaJustice : droits, mémoire et avenirs.

À l’issue d’un processus de sélection compétitif, les propositions sélectionnées seront présentées en ligne par des membres de l’ICA du 9 au 11 juin 2026 devant un public de milliers de personnes dans le monde entier. Ces sessions mettent en avant des projets innovants, des expériences pratiques et des leçons tirées de toute la profession. Pour les spectateur·rices, ils offrent une opportunité unique de découvrir des initiatives du monde entier et de voir comment les institutions abordent les thèmes de la #ArchivesPourLaJustice dans leurs propres contextes.

À propos de cette session d’étude de cas

Cette session en ligne, intitulée Archives pour la mémoire : reconnaissance, dignité humaine et expériences vécues, aura lieu le jeudi 11 juin, de 14h00 à 15h00 CET (heure de Paris). Elle rassemble quatre études de cas explorant comment les archives préservent l’expérience vécue, favorisent la reconnaissance et contribuent à la dignité humaine à travers le travail de mémoire et des pratiques tenant compte des traumatismes.

La session comprend les présentations suivantes :

  • Préserver les voix des survivants : histoires orales, mémoire genrée et dignité humaine dans les archives du Musée de la guerre de libération — par Sofia Nazneen
  • Le scandale de la thalidomide à Malte – Restaurer la mémoire et la dignité humaine — par James Baldacchino
  • Ce que renferment les archives : pratiques archivistiques tenant compte des traumatismes et travail de la justice — par Rhonda D. Jones
  • Ek Khaale : Il était une fois – Les Rohingyas : une restauration visuelle — par Gregory Constantine

Les détails complets de chaque présentation sont disponibles ci-dessous.

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Date
jeudi 11 juin 2026
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Heure

14h00 – 15h00 CET (heure de Paris). Pour confirmer la date/heure de cette session dans votre fuseau horaire, veuillez utiliser le lien suivant.

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Lieu
En ligne
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Langue

Anglais. La traduction automatique des sous-titres sera disponible.

Date
jeudi 11 juin 2026
Heure

14h00 – 15h00 CET (heure de Paris). Pour confirmer la date/heure de cette session dans votre fuseau horaire, veuillez utiliser le lien suivant.

Lieu
En ligne
Langue

Anglais. La traduction automatique des sous-titres sera disponible.

Les opinions et points de vue exprimés dans les études de cas présentées lors de cette session sont ceux des présentateurs à titre individuel et ne reflètent pas nécessairement la position officielle du Conseil international des archives (ICA). L’ICA n’approuve pas et n’assume aucune responsabilité quant au contenu des présentations individuelles.

Présentations
Présentation 1

Préserver les voix des survivants : histoires orales, mémoire genrée et dignité humaine dans les archives du Musée de la guerre de libération par Sofia Nazneen

Cette étude de cas explore la préservation des histoires orales et des témoignages personnels liés aux survivants de violences sexuelles pendant la guerre de libération du Bangladesh de 1971, à travers les initiatives d'archivage du Musée de la guerre de libération. Le projet examine comment les archives peuvent servir d'espaces de reconnaissance, de dignité et d'inclusion historique pour des communautés dont les expériences ont souvent été marginalisées ou passées sous silence dans les récits historiques officiels.

Le Musée de la guerre de libération a joué un rôle significatif dans la collecte, la préservation et l’interprétation des témoignages liés à la violence en temps de guerre, aux déplacements et à la survie. Dans le cadre du travail d’archivage du musée, les histoires orales et les témoignages des survivants ont été documentés et préservés afin de garantir que ces expériences vécues fassent partie des archives historiques pour les générations futures. Ces collections contribuent non seulement à la recherche historique, mais aussi à des processus plus larges de mémoire sociale et de reconnaissance publique.

Cette présentation examinera les complexités éthiques et émotionnelles liées à la préservation des témoignages liés aux traumatismes et à la violence sexiste. Elle abordera les questions de consentement, de représentation, de sensibilité, de conservation à long terme et d’accès dans le cadre de la pratique archivistique. L’étude de cas réfléchit également à l’importance des méthodologies d’histoire orale dans des contextes où la documentation officielle est incomplète ou absente, en particulier en ce qui concerne les expériences des femmes pendant les conflits.

En mettant en avant les récits des survivants, cette étude démontrera comment les archives peuvent lutter contre l’effacement historique et contribuer à restaurer la dignité humaine à travers le travail de mémoire. La présentation soutiendra que les pratiques archivistiques centrées sur la communauté sont essentielles pour construire des récits historiques inclusifs et pour reconnaître les expériences d’individus dont les voix ont été historiquement exclues des archives institutionnelles. À travers ce travail, les archives du Musée de la Guerre de Libération contribuent aux débats internationaux en cours sur les archives, la mémoire genrée, les traumatismes et la préservation de l’expérience vécue.

Présentation 2

Le scandale de la thalidomide à Malte - Restaurer la mémoire et la dignité humaine par James Baldacchino

Le scandale de la thalidomide a été la « plus grande catastrophe médicale d’origine humaine jamais survenue ». Entre la fin des années 1950 et le début des années 1960, le médicament thalidomide était prescrit aux femmes enceintes pour traiter les nausées matinales. Au lieu de cela, ce médicament a provoqué une controverse médicale mondiale en causant la naissance de milliers de bébés présentant de graves malformations, notamment des membres manquants ou sous-développés.

À Malte, le médicament était encore commercialisé au milieu des années 1960, transformant cet État insulaire nouvellement indépendant en un centre d’essai outre-mer pour les stocks de médicaments indésirables. Un nombre incalculable de familles ont été touchées par la commercialisation continue de ce médicament, ce qui a entraîné un niveau de traumatisme qui n’a jamais été quantifié.

Pendant des décennies, ce scandale a été voilé par le silence institutionnel. Les rapports officiels et les statistiques ne rendent pas pleinement compte de ce qui s’est passé. C’est dans ce contexte que le projet d’histoire orale des Archives nationales de Malte – MEMORJA – est intervenu pour combler ce vide historique et donner aux survivants de la thalidomide la voix qui leur avait été refusée pendant de nombreuses années.

Les témoignages oraux et les entretiens vidéo enregistrés ont offert aux survivants un espace et une tribune pour s’exprimer longuement sur les conséquences physiques, émotionnelles et sociales que ce scandale a eues sur leur vie. Les retombées de ce projet ont donné lieu à une campagne médiatique menée par les survivants, mettant en lumière les défaillances du gouvernement, à des publications détaillant l’inaction de l’État et à des actions des survivants pour obtenir une indemnisation officielle. Cela a à son tour aidé le grand public à mieux comprendre le rôle que l’histoire orale et les archives peuvent jouer dans la restauration de la mémoire et de la dignité humaine.

Présentation 3

Ce que renferment les archives : pratiques archivistiques tenant compte des traumatismes et travail de la justice par Rhonda D. Jones

Cette étude de cas explore comment des pratiques archivistiques tenant compte des traumatismes peuvent contribuer à la justice, à la responsabilité et à la mémoire collective à travers le travail du Civil Rights and Restorative Justice Project (CRRJ) de la faculté de droit de l’université Northeastern. Le projet enquête sur les meurtres à caractère raciste commis aux États-Unis pendant l’ère Jim Crow, qui ont été historiquement ignorés ou insuffisamment traités par les systèmes judiciaires. En rassemblant et en interprétant des documents d’archives fragmentés, tels que des documents judiciaires, des articles de presse et des dossiers d’État, le CRRJ démontre comment les archives peuvent favoriser la reconnaissance, la réparation et la compréhension du public.

S'appuyant sur les cadres théoriques du séminaire « Strategies for Trauma Awareness and Resilience » (STAR) du Peace and Justice Center, cette étude situe le travail d'archivage au sein de systèmes plus larges de traumatisme, de préjudice non réparé et de cycles de silence institutionnel. Elle examine comment les pratiques archivistiques fondamentales – description, création de métadonnées, décisions d'accès et traitement – peuvent soit reproduire le préjudice, soit y mettre fin. Elle met en lumière les défis éthiques liés au traitement de documents incomplets ou biaisés, à la restauration de l’identité des victimes et à l’implication significative des communautés de descendants.

Cette étude recadre les archives en tant que participants actifs aux processus de justice plutôt que comme de simples dépôts neutres. Elle pose les questions suivantes : comment les archivistes peuvent-ils représenter de manière responsable les histoires de violence ? À quoi ressemble la responsabilité dans la pratique archivistique ? Et comment structurer l’accès pour trouver un équilibre entre transparence et bienveillance ?

En alignant les méthodes d’archivage sur des approches tenant compte des traumatismes, ce cas contribue aux discussions mondiales sur #ArchivesForJustice. Il propose un modèle pour intégrer la pratique archivistique au travail en faveur des droits humains, en soulignant le rôle des archives dans la construction non seulement de la mémoire, mais aussi des possibilités de reconnaissance, de réparation et d’un avenir plus juste.

Présentation 4

Ek Khaale : Il était une fois – Les Rohingyas : une restauration visuelle par Gregory Constantine

Aujourd’hui, presque toutes les représentations visuelles de la communauté ethnique rohingya du Myanmar dépeignent un peuple défini par le déplacement, la violence, la souffrance et la victimisation. Contrairement à la plupart des communautés de Birmanie, il n’existe pas d’histoire visuelle collective des Rohingyas. Les régimes birmans successifs ont nié l’existence d’une communauté « rohingya » autochtone de Birmanie et ont fabriqué un récit historique qualifiant les Rohingyas d’« autres étrangers » menaçants. Ce récit a été largement accepté par le public dans toute la Birmanie. En conséquence, les Rohingyas ont enduré un héritage de violence, d’exclusion et de génocide qui a démantelé les modes de vie établis de longue date par lesquels les Rohingyas préservent, partagent et perpétuent leur mémoire culturelle et leur identité entre eux et avec les autres.

Ek Khaale, qui signifie « Il était une fois » en rohingya, explore, rassemble et présente un portrait visuel de la communauté rohingya et de son histoire avant les décennies de violence dont elle a été victime. À travers le visuel, cette recherche remet en question la permanence des statuts imposés aux Rohingyas au cours des cinquante dernières années et brise le schéma des images représentant le déplacement, l’effacement et la violence continue à l’encontre des Rohingyas. Au cours des cinq dernières années, ce projet de recherche collaboratif et co-participatif a rassemblé, collecté et numérisé des centaines de photographies d’archives rares, de documents, de lettres et d’autres supports visuels dispersés au sein de la communauté rohingya mondiale, y compris parmi les Rohingyas en Birmanie. Il inclut également des documents provenant d’archives publiques et privées.

Ek Khaale mobilise ces documents du passé pour donner une nouvelle forme et une nouvelle dimension à l’histoire et à l’identité collective des Rohingyas. À ce moment critique de la réinvention de l’identité nationale en Birmanie, ce projet vise à faciliter le « désapprentissage » de l’identité rohingya actuellement figée dans les représentations contemporaines et à présenter une « histoire potentielle » des Rohingyas au sein de la mémoire collective des personnes en Birmanie et au-delà.