Le Conseil International des Archives (ICA) est fier d’avoir financé la participation de 10 de ses membres à la formation régionale sur la réponse d’urgence pour le patrimoine documentaire, qui s’est tenu à Pretoria, en Afrique du Sud, du 11 au 15 novembre 2024. Cet atelier, organisé en partenariat avec la Bibliothèque nationale d’Afrique du Sud, en tant que Centre de préservation et de conservation (PAC) de l’IFLA, le Programme des archives en danger (EAP) de la British Library, et l’Université nationale du Lesotho, en tant que Hub EAP pour l’Afrique, et en collaboration avec Cultural Emergency Response (CER), avec le généreux soutien de la Whiting Foundation, a permis à 20 professionnels d’Afrique australe et orientale d’acquérir des compétences en gestion des catastrophes et en préservation du patrimoine documentaire.
Le programme a abordé les menaces croissantes qui pèsent sur le patrimoine culturel en raison des conflits et des catastrophes, en fournissant aux participants des outils concrets pour protéger les collections documentaires en période de crise. Grâce à des exercices pratiques, des discussions et des simulations, les participants ont acquis des connaissances essentielles en matière de préparation aux catastrophes, de gestion des risques et de réponse d’urgence.
(Crédits: Tshepho Mosweu et Cultural Emergency Response)
Beatrice Barankeba, bibliothécaire du Burundi, a partagé son expérience :
Les principales leçons que j’ai retenues de cet atelier se résument ainsi : l’eau et le feu sont parmi les principaux facteurs de détérioration des documents ; un plan de préservation des documents est indispensable — mieux vaut prévenir que guérir ; la numérisation est l’une des solutions les plus importantes pour la préservation des documents ; et lorsque des documents sont frappés par des catastrophes, leur sauvetage nécessite un personnel formé et un équipement adéquat.
Elle prévoit d’appliquer ces enseignements en organisant des sessions de sensibilisation pour ses collègues et en élargissant ces initiatives à d’autres responsables de la gestion documentaire.
Sarah Negumbo, directrice du Service des bibliothèques et archives de Namibie, a salué l’atelier :
Cette formation a été très utile car nous avons été initiés à la compilation d’un plan de gestion des risques de catastrophe. Nous avons également eu l’occasion de réseauter avec d’autres archivistes d’Afrique et d’ailleurs. C’était une opportunité de collaboration, de soutien mutuel et d’échange.
Les volets interactifs de l’atelier, notamment les simulations et les discussions de groupe, ont eu un impact particulièrement fort. Beatrice a souligné les activités pratiques qui lui ont permis d’apprendre des techniques de sauvetage des documents, comme le nettoyage et le séchage des matériaux mouillés.
C’était la première fois que je voyais cela
a-t-elle remarqué.
Renato Augusto Pereira, directeur adjoint des Archives nationales du Mozambique, a mis en avant la valeur de la gestion des risques :
Nous avons appris à élaborer un plan de gestion des risques, à identifier les risques et à les prioriser. Certains risques peuvent sembler moins urgents, mais il est essentiel d’évaluer leur impact sur la conservation des documents.
Il a également souligné l’importance des logiciels électroniques dans la gestion des risques liés aux catastrophes.
Lesedi Modikwa, archiviste aux Archives nationales du Botswana, a exprimé son enthousiasme pour les aspects pratiques de la formation :
J’ai été ravie de participer à la simulation d’un scénario de catastrophe en temps réel, en manipulant et en évaluant des documents affectés par des sinistres. Je tiens à remercier l’ICA pour cette opportunité et les organisateurs pour la réussite de cette formation.
Grâce au financement de l’ICA, 10 membres ont pu y participer et rapporter avec eux des compétences renforcées en gestion des catastrophes pour protéger le patrimoine documentaire dans leurs régions respectives. Cette initiative témoigne de l’engagement de l’ICA à renforcer les capacités des professionnels dans les régions confrontées à des menaces sur le patrimoine culturel.
L’atelier a également proposé une conférence d’ouverture, avec des experts d’institutions telles que la British Library et la Bibliothèque nationale d’Afrique du Sud, qui ont abordé les bonnes pratiques et les opportunités de financement. Les participants ont également appris à identifier les risques de catastrophe, à élaborer des plans d’urgence et à mettre en place des stratégies de récupération post-catastrophe.
En conclusion, Beatrice a souligné les défis et les opportunités à venir :
Je plaiderai pour l’augmentation des voies d’évacuation afin de garantir la sécurité des utilisateurs des services documentaires en cas de sinistre, comme un incendie. De plus, les connaissances acquises me permettront d’améliorer mon cours sur la préservation et la conservation des documents, au bénéfice de mes étudiants et collègues.
À l’issue de cet atelier, les membres de l’ICA sont désormais équipés des outils et des connaissances nécessaires pour répondre efficacement aux situations d’urgence et protéger le patrimoine documentaire. Cette formation met en lumière l’importance de la coopération internationale pour préserver des collections précieuses pour les générations futures.