A la mémoire de - Olafur Asgeirsson (20.11.1947 – 11.5.2014)

 

La carrière d'Olafur à la tête des Archives nationales islandaises fut exceptionnellement longue. Nommé le 1er janvier 1985, à l'âge de 37 ans à peine, il s'est d'emblée beaucoup investi dans la coopération entre les pays nordiques. En 1987, pour la toute première fois de son histoire, l'Islande accueillait la 15e Conférence des Archives nordiques. Le choix du lieu retenu pour la manifestation, un petit bourg de quelque 200 âmes au nom de Laugarvatn, situé à environ 80 kilomètres de Reykjavik, présentait une belle gageure. Pourtant Olafur est parvenu à relever cet énorme défi de main de maître, démontrant ainsi toute l'efficacité de celui qui allait devenir chef scout d'Islande (1995-2004). Ce fut en 2003 à Reykjavik que l'Islande accueillit la Conférence pour la deuxième fois.

Pour Olafur, la coopération nordique a toujours revêtu une grande importance. D'ailleurs, nul n'ignore la grande diversité des activités et des manifestations organisées par cette institution, des réunions annuelles des Archivistes nationaux à la Journée des Archives nordiques, en passant par des comparaisons entre pairs (« benchmarking »), des réunions de groupes de travail divers et variés, la publication commune Nordisk Arkivnyt (éditée depuis 1956) et ce projet auquel Olafur était particulièrement attaché, l'Académie des Archives nordiques. Cette académie organise des réunions d'experts deux fois par an, qui se déroulent, à tour de rôle, dans les différents pays nordiques. Ce sont les Archivistes nationaux qui choisissent les thèmes à débattre. Leur président étant celui qui possède la plus grande ancienneté professionnelle, il va donc sans dire qu'Olafur a assuré cette fonction pendant très longtemps.

 

La coopération nordique a toujours été de nature simple et décontractée. Pas besoin de formalités ni de signatures, l'accord des Archivistes nationaux suffit. Ces derniers travaillent ensemble de manière collégiale, en grande partie grâce à Olafur. Il était, de surcroît, quelqu'un de jovial, toujours disposé à partager avec ses pairs ses idées et sa vie.

Au fil des ans, Olafur a également joué un rôle significatif croissant au sein du Conseil international des archives. Tout au long des années 1990, il a pu engranger des expériences précieuses en tant que président du Comité pour le recrutement de membres (1994-96), membre du Comité sur les questions juridiques (1995-96) et membre de la Sous-commission pour la communication (1997-2000). En 2000, il s'est proposé pour assurer l'organisation de la CITRA de l'année suivante à Reykjavik, et ce dans des délais relativement serrés. Cette manifestation en 2001, très peu de temps après les attentats du 11 septembre, a connu un succès énorme donnant ainsi à l'ICA la stabilité dont ce dernier avait tant besoin à une époque marquée par de grandes incertitudes internationales. Bien d'autres hôtes ayant relevé un défi de cette taille se seraient contentés ensuite de se reposer sur leurs lauriers, mais Olafur a continué de servir l'ICA avec brio, tout d'abord en tant que président du Comité sur les Technologies de l'Information (2000-04), puis de la Commission du programme (2004-08), commission qui a favorisé l'adoption d'une démarche ascendante dans la réalisation de projets ICA. En sa qualité de président de la PCOM, il fut également membre de droit du Comité exécutif. Dès 2008, lors du congrès de Kuala Lumpur, il faisait partie des personnalités de référence de l'ICA, toujours disposé à dispenser des conseils avisés, mais totalement désintéressés, en sa qualité de membre du Bureau de la CITRA (2008-11).  En septembre 2010, il reçut la distinction suprême en étant nommé « Ami de l'ICA » par l'Assemblée générale d'Oslo. Homme d'envergure internationale, Olafur avait une forte perception des sensibilités culturelles et savait mieux que quiconque désamorcer les situations tendues grâce à son sens unique de l'humour.

De nombreux archivistes des pays nordiques et de l'ensemble du réseau international de l'ICA viennent de perdre un ami véritable et irremplaçable. Il va beaucoup nous manquer.