Le Conseil international des archives (ICA), en étroite collaboration avec le Direction des Archives du Sénégal, l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD), avec le soutien du Programme de participation de l’UNESCO et du Service interministériel des Archives de France (SIAF), a mené à bien son atelier régional Penser le numérique en archivistique à Dakar du 17 au 20 novembre 2025. Cette initiative s’inscrit dans l’engagement continu de l’ICA à renforcer la capacité archivistique et la préparation numérique à l’échelle africaine. 

Réunissant 25 professionnels issus de 14 pays africains francophones, l’atelier a proposé cinq jours intensifs de formation, d’échanges entre pairs et de pratique avec des outils et approches numériques. 

 

Donner le ton : un appel à la modernisation et à la préservation

La cérémonie d’ouverture a été animée par le directeur de la Direction des Archives du Sénégal, M. Mohamed Lat Sack Diop. Lors de ce premier événement de la semaine, les remarques ont été prononcées par la présidente de l’ICA Josée Kirps, le directeur de l’EBAD Djibril Diakhaté, ainsi que des représentants des institutions archivistes nationales qui ont réaffirmé une vision commune : investir dans la littératie archivistique numérique est essentiel pour maintenir l’accès, la transparence et la mémoire dans des environnements d’information en évolution rapide.  

L’ouverture sur place a été présidée par M. Abdoulaye Faye, Secrétaire général adjoint du gouvernement sénégalais, qui a rappelé aux participants que la modernisation des archives historiques nécessite nécessairement « l’utilisation complète de la technologie numérique », soulignant que les archives doivent être conservées « pour les générations actuelles et futures ». Il a ajouté que la numérisation est devenue « un outil indispensable pour le développement, mais surtout pour la préservation et la conservation des archives », notamment dans des contextes où « la volumétrie reste un défi majeur ». 

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Un programme complet et collaboratif

Tout au long de la semaine, les participants ont participé à un programme complet combinant conférences d’experts, exercices pratiques et visites institutionnelles. L’atelier a débuté par explorer la relation entre le développement durable et l’avenir numérique des archives à travers les analyses du Professeur Mor Dieye, suivi d’un examen approfondi des opportunités et des défis posés par l’intelligence artificielle dans la pratique archivistique, présenté par la Professeure Dr Basma Makhlouf-Shabou. 

S’appuyant sur ces bases, les participants ont participé à des exercices pratiques utilisant des outils de profilage de données et de traitement numérique tels qu’Archifiltre, suivis d’une conférence inspirante du Dr Adama Pam, archiviste en chef de l’UNESCO, sur le thème « Numériser notre histoire commune ». Ils ont conclu la journée en examinant les stratégies de numérisation, les flux de travail et les modèles de durabilité dans les institutions GLAM avec Adama Koné. Plus tard dans la semaine, le formateur Mamadou Dia a présenté aux participants des systèmes de conservation numérique des archives et des infrastructures d’information intelligentes à travers des sessions pratiques sur Alfresco et SharePoint, offrant des exemples concrets de la manière dont ces plateformes peuvent soutenir l’évaluation et la gestion à long terme des archives numériques.  

Ces sessions ont été enrichies par une visite au musée du Patrimoine historique des forces armées. Cette visite sur le terrain a permis aux participants de relier l’apprentissage théorique aux pratiques et défis réels. Tout au long du programme, l’ICA a également mis en avant le développement de La carte ouverte pour le réseau des archives en Afrique (CORAA), une initiative majeure du Programme pour l’Afrique de l’ICA conçue pour renforcer la collaboration et mieux comprendre les écosystèmes archivistiques à travers le continent.  

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Réflexions des participants : briser les barrières et renforcer les capacités

Plusieurs participants ont partagé des témoignages percutants sur ce que cette formation représentait dans leur parcours professionnel. Depuis la République démocratique du Congo, Marguerite Liombo Singa a expliqué comment l’atelier a comblé les lacunes qu’elle rencontre habituellement : 

Nous avons déjà des demandes qui arrivent et nous passons à la numérisation. Mais la transmission de la formation n’est pas la même car il y a un problème de barrières linguistiques. Avec l’atelier au Sénégal, Penser le numérique en archivistique, j’ai franchi la barrière de la langue. J’apprends les termes techniques avec des experts en archives, et je peux assimiler et transmettre ce que j’ai appris aux autres.

Depuis le Burkina Faso, Sansan Christian Kambou a souligné comment la formation clarifiait les prochaines étapes : 

Après tout ce que nous avons appris, la prochaine étape sera de communiquer et de mobiliser tous les acteurs afin de réussir le projet de numérisation. Nous avons également eu l’opportunité de rencontrer des bailleurs de fonds que nous pouvons contacter pour soutenir des institutions déjà sollicitant de l’aide. 

Depuis les Archives nationales du Sénégal, Cheikhou Oumar Tall a mis en avant à la fois les bénéfices professionnels et collectifs : 

Je tiens particulièrement à remercier l’ICA pour l’organisation et l’opportunité de participer… C’était une occasion d’apprendre de nouvelles techniques et méthodes liées à nos missions, notamment en automatisation et gestion des données. Je demande également que ce type d’événement soit organisé plus souvent, surtout ici en Afrique, et que nous essayions de maintenir ce groupe comme un réseau pour voir où nous en serons dans cinq ou dix ans.

 

Perspectives des formateurs : motivation, diversité et l’urgence des compétences numériques

Le formateur Mamadou Dia a souligné l’engagement exceptionnel des participants : 

Ce qui m’a le plus frappé, c’est leur niveau d’engagement. Ils étaient très motivés et venaient de milieux divers — archivistes publics, administration de la santé, institutions privées. Cette diversité nous a permis d’examiner la sécurité, la confidentialité et l’intégrité des données sous plusieurs angles. Ce sont des formations à poursuivre, car l’Afrique fait face à d’importants défis avec d’énormes masses de données à gérer. 

En regardant vers l’avenir

Lors de la session de clôture, les participants ont présenté leur travail concret et ont réfléchi collectivement à l’importance de la gestion numérique pour l’avenir des archives. Des certificats ont été décernés, mais plus important encore, les réseaux ont été renforcés et de nouvelles communautés professionnelles ont commencé à émerger. 

Cet atelier a une fois de plus démontré comment les programmes de l’ICA, avec des partenaires engagés à travers l’Afrique et au-delà, fournissent aux archivistes les outils, les connaissances et les réseaux nécessaires pour naviguer à l’ère numérique avec confiance et responsabilité. 

L’ICA exprime sa sincère gratitude à la Direction des Archives du Sénégal, au Département des Archives du Sénégal, à l’École de Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes (EBAD), au Programme de Participation de l’UNESCO et au Service Interministériel des Archives de France (SIAF) pour leur soutien précieux dans la réalisation de cette activité de formation. 

Enfin, nous remercions chaleureusement tous les formateurs et participants dont l’engagement et les contributions ont façonné cette semaine d’apprentissage enrichissante et inspirante. 

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